8. mai 2026

INCLUSION?

Inclusion : changer de regard, transformer les pratiques

L’inclusion est devenue un mot omniprésent. Pourtant, derrière cette évidence apparente se cache une véritable révolution culturelle, organisationnelle et humaine. Une révolution silencieuse qui vient bousculer notre rapport à la différence… et interroger nos pratiques professionnelles, notamment dans le secteur social et médico-social.

De quoi parle-t-on vraiment ?

Pour Hédia Zannad, professeure associée à NEOMA Business School dans une vidéo du Dico du Management (FNEGE Médias), « l’inclusion est un principe politique et sociétal fondé sur l’égalité : chacun doit avoir la même opportunité de participer à la vie organisationnelle ou sociétale, quels que soient sa différence ou ses besoins particuliers ». [fnege-medias.fr]

Cette définition est essentielle car elle marque une rupture :

  • l’inclusion ne se limite pas à tolérer ou intégrer,
  • elle vise à permettre une participation pleine et entière.

Les organisations internationales prolongent cette approche. L’UNESCO définit l’inclusion comme un processus visant à améliorer les conditions de participation à la société, en tenant compte des situations défavorables et en réduisant les inégalités.
De même, les Nations Unies insistent sur l’idée d’un processus qui améliore l’accès aux ressources, aux opportunités et aux droits, notamment pour les plus vulnérables. [whc.unesco.org] [un.org]

Autrement dit, quelque soit les écarts de définition, l’inclusion n’est pas un état, c’est une dynamique.

Inclusion vs exclusion : une tension permanente

Parler d’inclusion suppose de parler d’exclusion. Les deux concepts sont indissociables.

L’exclusion n’est pas seulement une mise à l’écart visible. Elle est souvent plus insidieuse : une rupture de participation, une difficulté d’accès aux droits, une invisibilisation progressive.

Dans l’histoire du secteur social et médico-social, cette réalité s’est incarnée très concrètement :

  • des établissements implantés « loin de tout »,
  • des logiques de protection qui, parfois, se sont transformées en séparation,
  • une organisation de la société autour de la norme, reléguant la différence à la marge.

Ce modèle a longtemps été perçu comme nécessaire. Pourtant, il a entretenu une forme d’exclusion structurelle.

Mais la difficulté va plus loin.

Les dynamiques d’exclusion ne viennent pas uniquement des institutions.

Elles peuvent aussi être co-produites, parfois inconsciemment. Combien de situations où l’on observe des regroupements entre semblables ? Combien d’expatriés recréent à l’étranger des espaces culturels identiques à leur pays d’origine ? Cet exemple, volontairement caricatural, révèle une réalité profonde :

➡️ aller vers l’autre n’est pas naturel.
➡️ rester entre soi est rassurant.

L’inclusion vient précisément questionner ce réflexe humain.

Un changement de paradigme

L'inclusion marque un basculement fondamental :

Ce changement est également porté par le cadre législatif français.

La loi du 2 janvier 2002 pose les bases d’un accompagnement centré sur la personne, en reconnaissant ses droits, sa dignité et sa participation aux décisions qui la concernent. [apf-france...ndicap.org]

La loi du 11 février 2005 franchit une étape supplémentaire : elle affirme le droit à la participation pleine et entière à la vie sociale et introduit le principe d’accessibilité universelle. [handicap.gouv.fr]

Le message est clair : la société doit se transformer pour devenir inclusive.

Inclure dans le social et le médico-social : une responsabilité stratégique

Aujourd’hui, les établissements sociaux et médico-sociaux sont à un carrefour.

Ils ne peuvent plus être uniquement des lieux d’accueil.
Ils doivent devenir des acteurs de transformation territoriale.

Cela suppose de dépasser une vision autocentrée.

Un établissement ne peut plus se penser comme un monde à part. Il doit se penser comme une interface entre plusieurs réalités :

  • les personnes accompagnées,
  • les familles,
  • les professionnels,
  • les acteurs du territoire,
  • la société dans son ensemble.

Trois leviers fondamentaux

1. La communauté

Inclure, c’est créer du lien réel.
Pas seulement ouvrir les portes, mais permettre des interactions authentiques.

  • partenariats avec les acteurs locaux
  • activités partagées
  • implication des citoyens

La communauté n’est pas un décor : c’est un moteur d’inclusion.

2. La porosité

Un établissement fermé produit de l’exclusion, même involontairement.

La porosité consiste à :

  • laisser entrer l’extérieur
  • aller vers l’extérieur
  • décloisonner les espaces et les pratiques

L’inclusion passe par des frontières souples.

3. La réciprocité

L’inclusion ne peut pas être à sens unique.

Les personnes accompagnées ne sont pas uniquement bénéficiaires. Elles sont aussi ressources.

  • participation aux décisions
  • contribution à la vie sociale
  • reconnaissance des compétences

L’inclusion devient réelle lorsqu’elle est mutuelle.

Une question profondément humaine

Au fond, la question de l’inclusion est simple… et radicale :

  • Pourquoi vais-je vers l’autre ?
    • Par curiosité ?
    • Par intérêt ?
    • Par conviction ?
  • Pourquoi n’y vais-je pas ?
    • Par peur ?
    • Par méconnaissance ?
    • Par inconfort ?

Ces questions ne sont pas théoriques. Elles traversent chaque organisation, chaque professionnel, chaque citoyen.

Conclusion : une posture avant d’être une politique

L’inclusion ne se décrète pas. Elle ne se résume pas à une norme ou à une obligation réglementaire.

C’est une posture.

Une manière de concevoir :

  • l’autre comme légitime,
  • la différence comme une richesse,
  • la société comme un espace à construire ensemble.

Dans le secteur social et médico-social, l’enjeu est immense :
passer d’une logique de prise en charge à une logique de vivre avec.

Et cela suppose une conviction forte :

On n’inclut pas seul. On inclut toujours avec.

Sources

  • Hédia Zannad, Qu’est-ce que l’inclusion ?, FNEGE Médias [fnege-medias.fr]
  • UNESCO, Inclusion et équité sociales [whc.unesco.org]
  • Nations Unies, Social inclusion and exclusion – Conceptual framework [un.org]
  • Loi n°2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale [apf-france...ndicap.org]
  • Loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances [handicap.gouv.fr]
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